Une goutte de foutre accrochée à la lèvre qui tombe sur un sein, puis sur le ventre et qui zigzague vers le bas, comme si elle cherchait à se rendre à la maison.
Étiquette : Sperme
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Deux-cent-vingt-huit.
J’ai acheté des draps noirs, pour que nous puissions mieux voir les reliefs de notre amour.
(Pour voir s’il sait convenablement faire la lessive, aussi.)
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Deux-cent-vingt-six.
À la fin de la soirée au club échangiste, elle revient à l’étage me chercher et tente de déchiffrer les traces de foutre sur mon ventre comme un haruspice penché sur les entrailles fumantes de la bête sacrifiée.
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Deux-cent-six.
Je m’éveille, le visage taché de sperme séchée. Elle est au-dessus de moi et me dévisage. « Mais… qu’est-ce qu’ils ont fait à ta bouche ? », me dit-elle sur un ton navré.
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Cent-quatre-vingt-onze.
La bouche pleine et prête à exploser.
(En réalité, j’ai avalé son foutre depuis longtemps — je ne fais que m’amuser à ses dépens en jouant les mijaurées.)
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Cent-quatre-vingt-huit.
Tant que queues sucées… Je suis noyée, imbibée de foutre. J’ai l’impression de suinter le sperme par les pores de la peau – comme dans une version porno de Bob l’éponge carrée.
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Cent-soixante-quinze.
À l’aube, dans l’air frais du matin, les orifices qui débordent et qui coulent, saturée de sexe, pleine, vivante.
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Cent-soixante-douze.
Dans ce rêve, je discute au téléphone avec une ancienne camarade de classe qui est infirmière qui travaille de nuit dans une maison de retraite. Elle me raconte que lorsque ses pensionnaires dorment, elle reçoit discrètement des hommes dans son poste de soins, que la plupart du temps elle les suce et recueille leur foutre dans un grand bécher. Elle me dit ensuite qu’elle en boit le contenu pour épater l’un deux, qui vient la visiter chaque vendredi, tard dans la nuit.
Ne voulant pas manquer un truc pareil, je veux immédiatement aller la rejoindre. Elle m’indique que lorsqu’elle n’est pas occupée, elle dort dans une chambre de la résidence. Mais arrivée sur place, dans chaque chambre que je visite, sous chaque drap que je soulevé, je ne trouve qu’un cadavre horriblement tordu.
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Cent-vingt-cinq.
Angélique revient à la maison après une soirée où elle s’est apparemment fait baiser de mille manières. Elle me dit :
— J’en ai sur les fesses, sur le ventre, sur les seins et ça me coule à l’intérieur des cuisses, en déposant son sac sur la table.
Plus tard, elle a pris une douche et me rejoint au lit, pimpante.
— Ça fait du bien… me dit-elle en m’embrassant dans le cou.
Je n’ose pas lui demander de quelles ablutions elle parle.
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Cent-vingt-quatre.
Angélique ne sourit pas ; ce sont les ombres qui lacèrent ses joues. Elle ne pleure pas; c’est le foutre de ses amants qui coule sur ses tempes.
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Cent-quatre.
André jouit en criant des sacres bien gras que je n’ai jamais encore entendus – et je suis née au Québec. Je m’approche ensuite à quatre pattes pour aller lécher le sperme qu’il a éjaculé dans le nombril de sa cousine Josée. Ah! Quel beau dimanche à la campagne !
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Cent-deux.
Il y a du sperme dans ma culotte et sur mes cuisses quand je croise et recroise mes jambes sous la table à manger. Marielle me parle la bouche pleine des murs qu’il faut repeindre pendant que le sperme coule lentement au fond de ma culotte. Un peu de sauce béchamel au coin de sa bouche et moi, je ne peux penser qu’au sperme dans ma culotte.
Non, je ne suis pas allée chercher tes trucs chez le teinturier. Non, je n’ai pas récuré le bidet comme je l’avais promis. J’étais sur le web toute la matinée et j’ai sauté sur le premier paf venu ; voilà pourquoi ma culotte s’empoisse à chaque torsion de mon cul.
Je cacherai ce soir ma culotte sous le lit parce qu’une trace de sperme dans une lessive lesbienne est trop longue à expliquer. Je la laverai à la main dans la lueur de la lune opaline pour que jamais ma chérie ne puisse flairer qu’il y a eu du sperme dans ma culotte.
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Quatre-vingt-un.
J’avais répondu à l’annonce de Pierre-André pour sa soirée bukkake un peu par curiosité, un peu par défi, avec en tête l’idée que de toute façon, ce genre de chose ne se concrétise jamais et finit toujours par tomber à l’eau.
Pendant qu’il raccompagne les participants vers la porte, je suis dans sa salle de bain pour me rincer de tout ce foutre. Sur le rideau de douche, de petits animaux rigolos multicolores… Ikea, je crois.
Pas de doute : dieu est mort.
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Quatre-vingt.
C’était une de mes pires peines d’amour. Michel m’avait réconfortée, serrée dans ses bras, il m’avait écoutée patiemment sans rien demander en retour, si bien que lorsque mes larmes furent finalement séchées, je me suis dit qu’une pipe était bien le moindre des remerciements. Au moment de jouir, il m’a demandé de ne pas avaler ; il m’a ensuite longuement embrassée.
Personne ne m’a jamais aussi bien consolée depuis.
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Soixante-quinze.
J’ai encore des sueurs froides à la pensée de ce rêve étrange.
Couchée sur le dos, les cuisses toutes grandes ouvertes, je fais l’amour avec un homme filiforme qui, au moment de jouir, se retire et se met interminablement à éjaculer sur mon ventre. Au plaisir du début succède rapidement sur son visage une expression de profonde douleur et de panique. Il se ratatine littéralement à force de gicler jusqu’à ce qu’il ne reste de lui qu’un petit sac de peau et un globe oculaire. Par je ne sais quel miracle, il réussit quand même à me dire : « ça valait le coup ».
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Soixante-trois.
Dans la salle de bain d’Alex, j’étais accroupie et cherchais un gant de cuisine au fond du panier à linge sale. Je l’ai entendu entrer et s’approcher derrière moi. « Ne bouge pas… retire seulement ton tee-shirt et son soutien-gorge… » m’a-t-il dit à l’oreille. Il s’est ensuite branlé jusqu’à ce que son sperme coule sur mon dos, dans mon jean, entre mes fesses. Puis nous avons entendu du bruit ; je me suis rhabillée prestement et je suis allée rejoindre nos amis au salon.
Plus tard dans la soirée, je n’ai su que répondre à une amie qui m’a complimentée en me demandant quel parfum j’utilisais.
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Soixante-deux.
— Pourquoi le sperme devient-ils froid si rapidement sur la peau?
— Peut-être parce que Thanatos suit toujours Éros de près.
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Soixante-et-un.
Fatou a une peau d’encre de chine et sur la fesse un jet de sperme, comme une signature.
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Quarante-deux.
Nathan jouit dans la bouche de mon amant en jurant ; il s’y enfonce complètement. Mon amant manque de s’étouffer ; la bite ramollit comme si elle se vidait dans ses poumons. Voilà à quel genre de spectacle on s’expose pour avoir une vie conjugale bien remplie.
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Quarante.
Cent plis de peau où l’odeur de ton foutre s’incruste et se répand tout autour de moi comme une aura obscène qui me suit partout.
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Trente-six.
Au restaurant, en compagnie de mon amoureux et d’un couple rencontré sur internet. La femme du couple me propose un jeu :
— Tu suces mon mec, je suce le tien ; la dernière qui avale le foutre a perdu et paye l’addition.
— Comment ça s’appelle, ce jeu ? La roulette prépuce ?
(Je n’ai pas accepté le défi parce que j’avais peur que son chum soit un peine-à-jouir, alors que je sais que le mien gicle au moindre frôlement. Les dés auraient alors été pipés.)
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Trente-deux.
Après avoir lu plusieurs pages du carnet incarnat, elle me regarde en faisant une moue dégoûtée.
— Tu n’aimes pas ça ?
— Ce n’est pas que je n’aime pas ça… c’est du Anne Archet tout craché, avec tout ce que ça comporte d’humour et de provocation. C’est juste que… enfin… tout ce sperme… ça me donne la nausée.
— Venant de la part d’une lesbienne enceinte aux prises avec de fortes nausées matinales, c’est une réaction que je comprends parfaitement…
— Je ne crois pas que les filles straight tripent tant que ça non plus sur la dèche… J’aimerais vraiment comprendre ce qui t’attire tant là-dedans.
— Tu veux que je t’explique une attirance ? Tu penses que c’est possible ? Pour vrai ?
— Je ne sais pas… dis-moi au moins quel effet ça te fait.
— Ben… le sperme m’excite terriblement. Pour vrai. Je ressens quelque chose de très fort quand je vois ou sens le sperme sortir d’un pénis. Je sais que ça peut sembler réducteur, mais quand je baise avec un homme, c’est seulement la bite qui m’intéresse. Tout ce qu’il y a autour me déconcentre.
— « Ce qu’il y a autour »… tu veux dire, la personne avec qui tu t’envoies en l’air ?
— Oui. C’est ce que j’aime surtout chez les hommes : leur queue – et surtout, ce qui en sort.
— Wow. Y’a pas à dire, l’hétérosexualité est un humanisme, han… Tu l’as déjà dit à ton chum ?
— Je dis « les hommes » dans un sens purement sexuel, han.
— Bien entendu.
— J’aime bien que mon partenaire m’éjacule sur les seins, parce que ça veut dire que la bite est vraiment proche de mon visage, que je vais pouvoir tout voir avec une grande clarté. Ça me fascine. J’aime aussi l’odeur, le goût du sperme, sa texture… ça me rend folle. D’ailleurs, quand je regarde de la porn – presque toujours gay –, je vais souvent directement à la fin du film pour ne voir que l’éjaculation.
Elle soupire.
— Je ne me serais pas attendue que tu sois spermophile.
— C’est parce que j’aime manger des graines, han.
— Évidemment. Ce n’est pas un fantasme de bouffeuse de chatte…
— Non, tu ne comprends pas, c’était une blague. Spermophile. Graine.
— Euh… ?
— Les spermophiles, appelés écureuils terrestres… les rongeurs de la famille des sciuridés… qui aiment les graines.
Elle lève les yeux au ciel.
— À bien y penser, ta passion pour le sperme est beaucoup moins dérangeante que celle que tu as pour les jeux de mots foireux.
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Trente-et-un.
— Qu’est-ce que tu fais-là ?
— En voilà une drôle de question ! Qu’est-ce qu’on fait d’autre au glory hole ? Je suce des queues.
— C’est que… je n’ai jamais croisé une femme ici.
— Il y a un début à tout, faut croire. Alors ? Tu la glisses dans le trou, que je fasse ma part du travail ?
— C’est que… moi, je suis venu aussi pour sucer. Je ne baisse jamais mon slip.
— Et moi je ne suis malheureusement pas dotée d’un pénis. Je n’ai donc rien à t’offrir non plus… belle impasse, n’est-ce pas ?
— Tu pourrais changer de cabine, tout simplement.
— J’étais ici la première, je te ferais remarquer.
— Je suis ici tous les vendredis soirs depuis presque deux ans, alors…
— Wow. Quelle constance… je suis impressionnée.
— Pffff. Niaise-moi donc.
— Je suis sincère, je t’assure.
— Alors ?
— Alors quoi ?
— Tu laisses ta place à une personne pourvue d’une bite ? Je n’ai pas que ça à faire, moi, discuter : j’ai des couilles à vider.
— Seulement si je peux te payer un verre, ensuite.
* * *
Quelques heures plus tard, je suis assise au bar et je recueille les confidences de Samaël, l’archange du glory hole.
« Enfant, je me souviens avoir entendu mon père d’avoir traité les individus qui fréquentent les glory holes de « poubelles humaines »» après avoir découvert leur existence lors d’un reportage télé. Pourtant, il y a pire comme choix de vie… prends ma sœur, maintenant qu’elle est mariée à son trouduc d’homme des cavernes pour qui elle pond des morveux en série… En tout cas. Si mon père savait que sa propre progéniture, le sang de son sang, fréquente ce lieu de perdition, il en ferait sûrement une syncope. Pffff. Qu’il crève, l’ordure.
« En ce qui me concerne, il y a longtemps que j’ai fait la paix avec moi-même. Que j’ai cessé de m’en faire avec ce que la société s’attend de moi. Ma bouche n’a pas de sexe, elle n’est ni mâle, ni femelle, alors le queutard qui se trouve de l’autre côté de la cloison peut bien s’imaginer ce qu’il veut. Ma bouche est chaude, bien baveuse et l’efficacité de ma succion est incomparable. J’en retire une certaine fierté, je dois bien l’admettre. Gay, straight, ça n’a aucune importance pour moi… alors pourquoi ça leur en ferait une, à eux ?
« Ils viennent d’ailleurs tous à moi, sans exception, lorsque, un condom entre les doigts, je les appelle sans mot dire à travers le trou. Je suis l’orifice de leurs rêves, la gorge invisible et qui ne s’étrangle jamais, dans laquelle ils viennent coulisser de bonheur. Je n’ai pas de visage – non, ce n’est pas vrai, j’en ai un, mais il se limite au contour de mes lèvres. Ils ne me connaissent que par ma puissance fellatrice ; je les connais par la forme et par la taille de leur engin, mais c’est surtout par leur odeur que je reconnais mes préférés. J’imagine leur surprise s’ils pouvaient voir qui je suis réellement. Je rêve d’un avenir meilleur, d’un monde où je pourrais, à visage découvert et sans peur de la mort, avaler tout ce qui gicle devant moi. Je suis sincère, c’est vraiment ma seule ambition amoureuse.
« En attendant, j’ai vingt-deux ans et mon cœur, béant comme un glory hole, est ouvert. »
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Vingt-neuf.
Myriam laisse de sa bouche presque close couler épais filet de salive. Je tends la main et lèche ma paume. Le flash d’une caméra nous aveugle ; je ne peux m’empêcher de penser que le sperme est beaucoup plus photogénique.
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Vingt-huit.
Chaque soir (ou presque), Étienne éjaculait sur mes fesses quand je somnolais devant la télé. Ensuite, il nettoyait le tout, d’abord avec sa langue, ensuite avec des lingettes humides qu’il gardait près de son fauteuil pour cet usage spécifique.
La routine de la vie conjugale hétérosexuelle a ses bons côtés, quand on y pense – mais seulement lorsque le partage des tâches est clair et explicite.
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Vingt-sept.
Puceau et dépressif, j’ai sucé Hugues par compassion bien que ce fut assez fort en goût — je crus même vomir au moment crucial — en me sentant comme mère Theresa au mouroir de Kaligat.
Je vais mourir en odeur de sainteté (surtout si ladite odeur s’avoisine de celle du slip usagé).
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Vingt-cinq.
« La poésie, c’est ça. C’est toi. » me dit-il avec tendresse, après avoir couvert mes joues de foutre.
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Vingt-quatre.
Mathieu me demande si ça me dérange qu’il éjacule sur mon visage. Accepter de se faire déranger — n’est-ce pas là l’essence de l’érotisme ?
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Vingt-trois.
Léo m’invite à un bukkake chez lui, mais le soir venu, il est seul. Je suis repartie chez moi déçue et à peine humectée.
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Vingt-deux.
De retour de ses courses, Alice me fait la bise. J’étais gênée par son haleine, jusqu’au moment où j’ai remarqué que sa bouche sentait le sperme.
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Vingt-et-un.
L’épaule constellée de gouttes de sperme, un peu sur le visage aussi, et sous mes fesses une flaque de mouille impressionnante, je soupire en pensant aux draps qu’il faudra encore laver.
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Vingt.
« Assieds-toi… là », dit-il en pointant son sexe de l’index.
J’applique donc du lubrifiant sur ma fente et j’enfourche sa pine bien dure d’avoir été branlée longtemps, avec application. Évidemment, ce salaud décharge aux premiers coups de boutoir – alors furieuse, je lui écrase mon con au visage pour qu’il boive tout son foutre avant de me faire jouir.
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Dix-neuf.
« Sperme, chaque soir. Faute de quoi je peux m’endormir, prescription du médecin. »
Il n’a pas tenu une semaine, le pauvre chéri.
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Dix-huit.
J’aime bien le sperme, sa texture, son odeur. C’est très excitant. Ce qui me dégoûte, c’est imaginer tous ces spermatozoïdes grouillants… je crois que l’éducation sexuelle déficiente que j’ai reçue à l’école, principalement faite de vieux films documentaires datant des années soixante-dix, est à blâmer.
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Seize.
— « Carnet incarnat »… ça sonne étrangement comme « Carnet écarlate ». C’est une suite ?
— Une suite décousue de textes, oui.
— Je veux dire : une suite à ton premier livre ?
— En quelque sorte. Avec en prime d’innombrables pénis déversant des rivières de sperme.
